agrandir le texte diminuer le texte

Accès direct au contenu

epic Portails : www - étudiants - personnels epic

Vous êtes ici : fr > Espace doctorants > Rencontres doctorales > Rencontres doctorales 2015 > Rencontres doctorales 2015

Rencontres doctorales 2015

 
Appel à communication

Rencontres Doctorales 2015 Lyon 2

A LA CROISÉE DES TERRITOIRES : ESPACES, RÉSEAUX, REPRÉSENTATIONS

Cet appel à communication questionne la notion de territoire à travers ses différentes acceptions, ses enjeux et ses évolutions.
La notion de territoire est polysémique et interdisciplinaire. Elle couvre une multitude de réalités que les sciences humaines et sociales s’attèlent à étudier. Outre son acception géographique, il s’agit d’une « construction mouvante et subjective, [qui] prend sa forme à travers les cultures, les histoires et les perceptions de ses habitants. Vivre en un lieu suppose l’établissement d’une relation particulière entre la société et son territoire, relation qui se noue notamment par le biais de la représentation. » (F. Lasserre et A. Lechaume. Le territoire pensé. Géographie des représentations territoriales. 2003). Néanmoins, le territoire peut être également source de « dépaysement », par exemple pour les doctorants accueillis en France ou ayant des terrains de recherche à l'étranger. Il peut aussi être abordé en faisant référence à la notion « du proche et du lointain », telle l'ethnographie des terres lointaines et/ou celle de l'urbanisme de proximité dans nos sociétés modernes, concernant par exemple la notion de voisinage.
En sciences de l’éducation, le territoire est notamment symbolisé par la carte scolaire qui appelle à une réflexion sur « les phénomènes de ghettoïsation en cours, avec des établissements désertés, d’un côté, et des établissements objets de toutes les convoitises, de l’autre ». Philippe Meirieu (2012) écrivait dans sa tribune pour Newsring : « Si l’on veut éviter que s’accroisse la dérive des continents scolaires, il faut que chacun d’eux ait un maximum de mixité sociale et prenne sa part dans l’encadrement des élèves les plus fragiles. » Pour dessiner les contours d’une éducation nationale visant à l’égalité des territoires pour la réussite de toutes et de tous, il convient de répondre à ces deux questions : A quoi l’école de demain ressemblera-t-elle quand le concept de la « mise en réseau » sous toutes ses formes aura pu avoir une forme d’aboutissement ? On pourrait de ce point de vue explorer les expériences et les possibilités offertes relativement à la notion d’apprentissage en réseaux et ses conséquences. Comment, par ailleurs, faire travailler ensemble et en complémentarité « espace public » et « espace privé » ? Au niveau académique le territoire de la discipline constitue un objet d'étude que l’on peut interroger à nouveaux frais (la notion de « champ » chez Bourdieu étant une référence désormais classique). Cette entrée disciplinaire permettrait par exemple un développement sur la thématique de l'interdisciplinarité et/ou du partage sciences dites exactes/SHS. Il est également possible d’aborder la profession en termes de carrière et de formation, comme territoire symbolique individuel à construire dans le monde du travail en suivant des normes précises.
En psychologie de l’environnement social, Gustave-Nicolas Fischer (2009) propose une définition du territoire humain. « Le territoire correspond à une organisation et un type d'occupation individuelle ou collective des espaces physiques et des aménagements. Ainsi un lieu constitue un territoire du fait de son organisation et de son mode d'occupation régie par des règles et des frontières matérielles ou symboliques qui établissent des séparations sociales entre un dedans et un dehors. Les caractéristiques d'une organisation territoriale se reflètent dans tous les espaces aménagés qu'il s'agisse de l'aménagement du territoire − urbanisme, transports, espaces publics − ou de l'aménagement des lieux de vie, de travail, de santé, d'éducation ou de loisirs − logement, bureau, ateliers, hôpitaux, école. » Les contenus de la sphère publique et de la sphère privée varient en fonction des périodes, des pays et des personnes, la notion de liberté s’élargit ou se rétrécit selon les lois, les coutumes et l’éducation ainsi que sa capacité à s’autogouverner et à contrôler son espace en interaction avec son environnement (Ryan et Deci, 2002). Le fait que les jeunes sont sujets aux appartenances communautaires − au-delà du territoire − avec des conséquences sur leur santé mentale en cas d’absorption ou de rejet par la communauté, ainsi que la notion d'élargissement du territoire protecteur en relation avec la loi symbolique en psychosociologie, sont des pistes possibles.
En sciences de l’information et de la communication, le territoire peut aussi être appréhendé comme un acte de langage, car il existe par ce qui est dit sur lui. Certains s’intéressent ainsi au « discours territorialisant », dont celui des médias (J. Noyer et B. Raoul, 2011). Un discours auquel prennent également part les différentes institutions qui y sont établies, ainsi que les citoyens devenus de réels acteurs de la communication (UGC) avec l’émergence et l’évolution des NTIC. Ces dernières ont elles aussi des répercussions sur le territoire et les autres notions qui y sont liées telles que l’espace. Internet en est le plus bel exemple, avec l’apparition du cyberespace et de ses nombreux enjeux sociaux, politiques, culturels et économiques. Par exemple, dans leur ouvrage Internet : Nouvel espace citoyen ? (2002), F. Jauréguiberry et S. Proulx s’entourent de différents auteurs, afin de se pencher sur celui-ci en tant que nouvel espace d’interactions sociales et symboliques. Les NTIC invitent également à repenser la notion de territoire en tant qu’espace géographique du fait de l’impulsion des réseaux. M. Castells (La galaxie Internet. 2002) parle ainsi de la « substitution des réseaux aux communautés territoriales » tandis que de nombreux auteurs se penchent sur la question de la déterritorialisation (Ph. Bouquillon et I. Pailliart) liée à l’émergence de ces derniers. Les récits qui constituent ou mettent en scène le territoire offrent également de nombreux axes de recherche intéressants. Les mythes et contes en offrent une certaine représentation, tout comme les productions culturelles modernes. Ainsi, les séries télévisées nous font voyager dans l’espace. Elles nous rendent familiers de territoires éloignés (I. Deroide. Les séries télévisées. Mondes d’hier et d’aujourd’hui. 2011) en nous emmenant au milieu des gratte-ciel newyorkais (Sex and the City), tout comme au sein la cour d’Angleterre au XVIe siècle (Les Tudors). Mais, en nous parlant d’ailleurs, elles nous éclairent ici et maintenant. Ce sont des « miroirs de la vie » (M. Winckler. Les Miroirs de la vie. Histoire des séries américaines. 2002).
En sciences du sport, les notions de territoire et d’intégration sont souvent liées comme le montrent notamment Y. Gastaut (2007) Pratiques sportives et relations interculturelles et R. Besson et R. Poli (2007) Sport, intégration et territoires. Il est également intéressant d’explorer la compétition faisant dialoguer représentation et territoire, victoire et défaite, à tous les échelons − local, territorial, européen, mondial − comme vecteurs de paix. Pour François Vigneau (2008), « le « sens » des sports consiste fondamentalement à conquérir l’espace, ou à s’en affranchir. Elle permet également de mettre en relation les rapports des sports à l’espace ainsi que les « types » de plaisir que peuvent procurer les différentes Activités Physiques ou Sportives [pour lesquelles] l’espace représente un « enjeu » ou un « étalon » ». Mais avant tout, le sport est une pratique sociale aux dimensions planétaires et les valeurs qu’il porte sont indéniablement celles de la société dans laquelle il est pratiqué. Il est également un élément de la culture populaire et un enjeu économique considérable. C’est ainsi que derrière les grands préceptes véhiculés par cette pratique se cache un sport inscrit dans des cadres géographiques et humains plus restreints qui concernent un territoire ou une communauté. Média, sponsor, produit sportif, santé, politique, religion et identité sont autant de thèmes qui peuvent être abordés sous le prisme de l’image unifiée du sport.
Nous pourrions multiplier les exemples démontrant que la notion de territoire est suffisamment riche pour être appréhendée de manière protéiforme dans les champs disciplinaires de l’ED EPIC 485 – Education, Psychologie, Information-Communication – et Sport.
Voici quelques axes sur lesquels les communications pourraient s’appuyer :
- Représentation et enjeux démocratiques
- Espaces citoyens/communautés virtuelles
- Territoire local et acteurs
- Espaces et frontières
- Pratiques et usages du territoire
- Espace (et/ou sphère) privé/public
- Territorialités multiples et conflictuelles
- Territoires réels/fictifs/virtuels
- Rapport médias/territoires
- Médias et imaginaires territoriaux
- Marketing territorial
- Cyberespace et enjeux de la mise en réseau
- Territorialité et mouvement des identités urbaines
- Intégration/ghettoïsation/désertification
- Identité territoriale et représentation
- Territoire symbolique et individuel
- Compétition/représentation/territoires
- Equipement des territoires…
Cet appel à communication s’adresse à tous les doctorants de l’Ecole doctorale EPIC qui sont invités à présenter leur problématique sur la thématique développée ci-dessus.
Les propositions de communication ou de présentation de poster soumises par les auteurs doivent être rédigées sous la forme d’un abstract comportant entre 400 et 500 mots (bibliographie de 10 références maximum et 5 à 6 mots clés non compris).
L’abstract contient les éléments suivants : titre de la communication, nom, prénom et coordonnées complètes de l’auteur (laboratoire, université, directeur de thèse, année de thèse, mail…), titre et résumé en français et en anglais, méthode, le cas échéant résultats présentés.
Nous encourageons tous les doctorants à proposer une communication, quelle que soit l’avancée de leur thèse.
Le délai pour l’envoi des abstracts est fixé au 15 avril.
Les Rencontres Doctorales EPIC auront lieu le 30 juin.
Les abstracts devront être envoyés à l’adresse courriel suivante :
rencontresdoctoraleslyon2015@gmail.com

mise à jour le 4 avril 2016


Université Lumière Lyon 2