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Rencontres doctorales 2012

 

Image, image de soi, image des autres, quels enjeux possibles de recherche ?

L'orientation thématique de ce numéro centré sur les notions d'image, d'image de soi, d'image des autres procède de la problématique proposée aux doctorants lors des journées d'EPIC à Lyon les 14 et 15 juin 2012. Le terme d'image est avant tout opposé à l'objet/au réel comme le souligne l'étymologie latine imago, qui signifie représentation, portrait, fantôme, apparence. L'image est une trace du réel et non la réalité : C'est ce qui donne des indices d'une distinction radicale par rapport aux objets du monde sensible ou idéel qu'il prétend représenter rappelle Belting (2004), qui affirme aussi que nous vivons avec des images et nous comprenons le monde en images. Ce rapport vivant à l'image se poursuit en quelque sorte dans la production extérieure et concrète d'images qui s'effectue dans l'espace social et qui agit, à l'égard des représentations mentales, à la fois comme question et réponse.

Le mythe de Narcisse, le « je est un autre » de Rimbaud, le « stade du miroir comme formateur de la fonction du Je », voici quelques-unes des facettes possibles du concept d'image de soi. En partie héritée, façonnée à partir des valeurs de la société à laquelle appartient son porteur, elle se définit aussi en contrepoint de celle que nous renvoient les autres saisis dans leur distinction, à travers le dialogue, l'affrontement, la lutte des libertés ou d'autres modalités multiples des relations interhumaines.

Les questions d'image, d'image de soi, d'image des autres et par conséquent de re-présentation, d'identité et de présentation de soi, de diversité aussi, viennent interroger diverses sphères de la vie psychique et sociale qui font l'objet des recherches des différentes composantes de l'école doctorale EPIC (sphères de l'école et de l'éducation, de la psychologie, de l'information et de la communication, mais aussi du sport, etc.). Les sensibilités disciplinaires principalement concernées peuvent ainsi aborder ce thème sous un angle propre à leurs préoccupations spécifiques.

Dans la sphère éducative, on peut affirmer que l'histoire des sociétés a conduit à un point où la personnalité individuelle est devenue un élément essentiel de la culture intellectuelle et morale de l'humanité. Dès lors, l'éducateur doit tenir compte du germe d'individualité présent en chaque enfant. Après que les problèmes d'inégalités sociales face à l'enseignement, mis en lumière par le phénomène de massification, ont longtemps été abordés sur un plan collectif (classes sociales, groupes, catégories etc.) et d'un point de vue macrosociologique, c'est aujourd'hui de plus en plus en relation avec des problématiques impliquant la subjectivité des enseignants et des élèves, donc leurs images réciproques, que les chercheurs essaient de comprendre comment se fabriquent les inégalités, les réussites ou les échecs. Charlot (1999) note que le rapport au savoir est rapport au monde, à l'autre et à soi-même d'un sujet confronté à la nécessité d'apprendre. Les problèmes d'image, d'image de soi, d'image des autres interrogent donc l'autorité des enseignants et les effets de leurs pratiques pédagogiques, le rapport au savoir des élèves, la nature des curricula formels et réels. Plus spécialement, les nombreux dispositifs de formation et de remédiation en direction des publics vulnérables (jeunes et adultes) ont mis en évidence la nécessité de prendre en compte de plus en plus la subjectivité des bénéficiaires, et les enjeux d'images engagés.

Dans la sphère de la psychologie, et plus spécialement celle de la psychologie clinique, se trouvent impliquées les notions d'image, d'imaginaire, d'imagination, qui réfèrent à deux champs distincts et liés tout à la fois : celui que partagent le clinicien et son patient, et celui que le chercheur se construit de la situation psychologique. Ce premier niveau se combine à un second dans lequel des sujets se trouvent tous deux dans leurs rapports objectaux propres, articulant tous deux leur dimension intra- psychique à leur dimension inter-psychique. Se dessine alors un prisme où le champ de l'image se projette, s'entrecroise, se mêle, se construit à deux, seul, ou l'un pour (ou par) l'autre. Ainsi, le chercheur clinicien, dans son dispositif et son cadre, n'échappe pas à cette réalité qui lui fait figure de trompe-l'?il : où son objet de recherche s'impose-t-il à lui, au sein même des mouvements transféro-contre-transférentiels ? Comment peut-il à la fois se trouver chercheur et clinicien ? Et enfin, comment évalue-t-il sa découverte clinique ? Ce sont les questions fondamentales auxquelles, en quête incessante, il ne trouvera réponse qu'en les originant peut-être à partir d'un paradigme tenant à la fois de l'alter et de l'ego.

Dans le champ des sciences de l'Information et de la Communication, le concept d'image renvoie à deux principaux points de vue : l'image peut être abordée de manière technique/matérielle, ou bien de manière théorique. D'un point de vue technique, l'image apparaît d'abord sur un support, mais toujours comme une construction ou une représentation de la réalité. D'un point de vue théorique, on peut se souvenir de Platon qui appelait à la vigilance critique lorsqu'il invitait à se méfier des images reflets de miroirs, davantage signes d'apparences que de réalités, l'image étant alors condamnable, alors que la vision aristotélicienne considère l'image comme faisant partie de la nature humaine, au même titre que le langage verbal, l'image étant alors d'une efficacité pédagogique inégalée.

Penser les concepts d'image, d'image de soi et des autres interpelle les acteurs de cette sphère quant à la nature de leur inscription et de leur

fonction dans les réseaux de la communication culturelle, politique, médiatique et sociale, et au fond de leur responsabilité. Plus encore, s'interroger sur la notion d'image de soi suppose de la décrypter sous le couvert des processus de médiation et de médiatisation. Cela suppose alors l'échange et ou le partage tout autant que des représentations sur- ou sous-valorisées. L'image, l'image de soi, l'image voulue et l'image perçue se doivent donc d'être également questionnées.

 

mise à jour le 4 avril 2016


(1) Affiche Doctoriales 2012.jpg

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