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Jean-Yves Seguy

 

La transmission de la culture secondaire en France dans l'entre-deux-guerres

Le XXème siècle est marqué dans le monde éducatif français par une puissante volonté de démocratisation de l'enseignement, matérialisée par le difficile combat de l'école unique. Il s'agissait de rassembler en un seul système l'enseignement primaire et l'enseignement secondaire, organisés jusqu'alors de manière distincte et socialement marquée. L'entre- deux-guerres se caractérise par les premières tentatives de mise en ?uvre de cette école unique. Si des avancées notables ont pu être relevées dans l'enseignement primaire, les projets relatifs à l'enseignement secondaire se sont heurtés à des réticences extrêmement fortes, en particulier parmi les enseignants. Ceux-ci, même s'ils développaient pour certains des conceptions et des engagements politiques et syndicaux progressistes défendant l'idée de démocratisation de l'enseignement, ne pouvaient concevoir que celle-ci se construisît au détriment de la transmission de la culture secondaire. Cette transmission était conçue comme une forme de réplication de la culture héritée de l'antiquité gréco-latine, désignée comme la forme la plus haute et la plus achevée de la connaissance humaine.

Il s'agit dans ce texte d'appréhender différentes modalités d'expression de cette attitude paradoxale combinant souci de démocratisation et visée élitiste, en particulier à travers les certains discours politiques et syndicaux. Pour cela, nous nous intéresserons plus précisément à un moment particulier de l'histoire de l'école unique dans l'entre-deux- guerres, celui de la mise en place de l'expérience de l'amalgame au milieu des années vingt. Il s'agissait, à titre expérimental, de rassembler dans les mêmes classes, des élèves de l'enseignement primaire supérieur et des élèves de l'enseignement secondaire. Cette mesure, instaurée pour des raisons essentiellement économiques, d'apparence assez modeste, a suscité de très vives réactions, en particulier parmi certains militants syndicalistes et politiques pourtant favorables à l'idée d'école unique.

Nous présenterons en premier lieu la situation du monde scolaire français aux lendemains de la Première guerre mondiale. Nous exposerons brièvement ensuite les principes qui président à l'idée d'école unique. Nous verrons comment elle s'exprime dans l'expérience de l'amalgame. Nous porterons enfin notre attention sur les arguments avancés par deux figures emblématiques de l'attitude paradoxale évoquée plus haut : Maurice Lacroix et Hippolyte Ducos. Nous verrons en conclusion en quoi ces réactions militantes, construites en référence à ce souci de transmission élitiste de la culture secondaire, peuvent expliquer certains aspects des résistances à la démocratisation de l'enseignement.


mise à jour le 29 janvier 2012


Université Lumière Lyon 2