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Sonia Gérard

 

Les enjeux de la transmission chez le couple mixte

Nous souhaiterions tout d'abord resituer les notions de "transmission" et "d'engagement" dans le cadre de notre recherche afin de montrer comment elles s'y articulent. Le thème qui nous préoccupe est la construction psychique et identitaire du sujet biculturel. A savoir, comment se construit psychiquement un sujet né d'un couple mixte, en France. Plusieurs auteurs se sont intéressés à cette question dont Tobie Nathan et François Laplantine. Le 1er est psychologue et a contribué au développement du courant ethnopsychiatrique en France, largement diffusé par le centre Georges Devereux. Soutenant la thèse de la non "métissabilité" des cultures, le "métis", selon lui ne peut appartenir qu'à une seule culture : « Car si les humains peuvent se mélanger à l'infini, les systèmes culturels, les langues ne sont en aucun cas "métissables". » (Nathan, 1993, p20). Le second est anthropologue et enseigne à Lyon. Selon lui, le "métis" peut avoir plusieurs appartenances culturelles, non pas en même temps mais alternativement et selon les circonstances : « Non pas l'un ou l'autre (l'Arabité ou l'appartenance à la France seulement) mais l'un et l'autre (...) » puis « ... dans une société comme le Brésil, l'individu n'est pas à la fois indien, africain, portugais ou encore russe, français, italien, mais successivement et pour une très grande part selon les circonstances. » (Laplantine et Nouss, 1997, p 79 et 84). Aussi à la différence de Nathan, pour lequel le métis se construit avec l'un ou l'autre des systèmes culturels, et de Laplantine, pour lequel le métis se construit avec l'un et l'autre, nous proposons que le sujet biculturel se construise avec l'un contre l'autre des systèmes culturels - proposition constituant notre hypothèse générale. Cette construction du sujet biculturel s'organiserait autour d'un processus global que nous avons appelé « conflictualisation ». Celle-ci viserait à dépasser les conflits parentaux qui sont les objets d'une transmission entre parents et enfants. C'est la nature de ce qui est transmis qui influencerait les enfants biculturels dans leur construction identitaire.


mise à jour le 29 janvier 2012


Université Lumière Lyon 2